LA PHOTO.

Cette photo jaunie,
de moi petite fille,
tout de blanc vêtis,
dans les bras de ma grand-mère, me rajeuni.

Je ne me souviens nullement,
trois ans, je devais avoir à peine,
mais j'étais heureuse, pas dans cet accoutrement.
Dans sa douceur, tout simplement.

Elle était merveilleuse,
on était pas riche, mais j'étais heureuse,
devant son amour, quel bonheur,
mais après ma communion, elle est allée voir Dieu.

Elle ne méritait pas ce châtiment,
elle qui a travaillé longuement,
tricoté des chaussettes, pour les militaires,
elle ne se plaignait jamais.

Je la regrette de tout mon coeur,
je n'étais qu'une enfant, ma grandeur,
c'était elle qui m'apprenait la vie,
quand j'avais le droit de sortir !

Pour aller me blottir dans ses bras,
j'étais à l'abri des regards,
de ceux qui ne m'aimaient pas,
mes parents, ces gens là.

Elle me tenait la main,
je n'avais plus peur de rien,
c'était une femme bien.
Qui donnait pour rien.

A sa disparition, j'ai beaucoup pleuré,
dans ma chambre, elle postule sur mon chevet,
dans mon coeur, elle a la place d'honneur.
Elle était si gaie, et si malheureuse !

Moi j'aurais donné mon petit coeur,
pour la garder, en tout honneur,
et l'éterniser, jusqu'au sa demeure.
Mais la loi de Dieu, l'a trouvé pieuse.

Avec son ange blanc, elle est parti,
un matin de décembre, il faisait gris,
j'ai prié pour que ce cauchemar s'arrête,
mais hélas il était trop tard, c'était du vrai.

Elle se repose maintenant,
elle qui n'a jamais eu de vacances,
mais elle est loin, je suis grande,
malgré tout ce temps, elle me manque.

le 7 octobre 2003

Patricia