MES PREMIÈRES VACANCES.
Chouette on me laisse pas chez mémé :
je vais gambader, m'amuser,
jouer avec les papillons, aboyer,
tout le monde en voiture, on va démarrer.
Mais je ne comprends pas,
ils sont tous là, mais sans bagage ?
Comment va t-on faire au large !
Dans le voilier pour larguer les amarres !
Mais on ne prend pas le chemin de la mer !
Il n'y a que des bois, de la forêt.
De la route, et ma couverture, et mon panier.
Pas de boisson, à déguster.
Tiens on s'arrête déjà pour déjeuner,
mais je n'ai pas faim, je vais me promener.
Super de l'eau, oh je suis mouillé,
quand je vais arriver, ils vont crier.
Bon j'attends un peu de sécher,
je vais en profiter pour un petit pipi,
comme cela en voiture, on en profitera pour gagner du temps,
je suis content on va bien rire.
C'est sec, je vais les retrouver !
Pour continuer à parcourir,
notre chemin sans les déranger,
mais ! Où sont -il passés ?
je suis perdu, ils étaient pourtant là,
mon nez me dit que c'est à cet endroit,
c'est la bonne direction,
mais où sont-ils ?
Il n'y a plus de voiture !
Plus de trace de leur passage,
j'ai du me tromper de lieu,
mais non, il y a même ma couverture !
Je sens que je vais pleurer,
je suis très attristé,
ils n'ont pas pu s'en aller ?
Me laisser là, m'abandonner ?
Depuis huit années,
j'étais leur petit frère, adoré,
mais que c'est-il passé,
les larmes coulent de mes yeux, c'est la réalité !
Il faut que je me réveille, ils m'ont sacrifié,
au nom de quoi, je n'étais pas trop vieux, mais je suis un boulet.
Il faut que j'apprenne à me cacher.
Car si la fourrière me trouve, je serai piqué.
Je vais devoir me détacher,
de leur amour, succomber,
à mon désespoir, tourner le dos, bazarder,
mes souvenirs, jeter le manche après la cognée.
non je ne peux y croire, ils n'ont pas déserté !
Après tant d'année de bonheur, se débarrasser,
tirer sa révérence, mais que vais je devenir, planté !
Plaqué, plié bagage, mourir !
De chagrin, m'enfuir !
Je ne sais plus, abdiquer,
me laisser capturer,
pour me faire piquer et en finir !
Eux à qui j'avais tout donné, se sont détournés,
m'ont lâchement piégé,
ils m'ont renié, je vais coucher,
dans le bois ce soir, demain mon coeur me dictera.
Peut être trouverais-je un nouveau maître,
avant le camion de la fourrière !
Mais il fait froid, je ne suis pas habitué,
et je ne suis plus jeune, mais je vais m'incliner.
Je n'ai pas le choix, j'adorais leurs caresses,
leur tendresse, depuis que j'étais bébé,
ils vont revenir, ils vont succomber,
battre en retraite, laissé tomber.
Tiens j'entends une voiture, c'est eux, ils ont du remord,
je vais au-devant d'eux, je suis heureux,
je vais leur faire plein de léchouilles, et oublié,
mon coeur bat la chamade, de bonheur.
Mais non je dois me cacher, c'est les carabiniers,
je n'ai plus à espérer, je suis renié.
Je vais devoir me débrouiller,
dans la nature sans être aimé.
Je deviens un sans-abri, sans ami,
que la SPA pour m'adopter !
Mais par mon tatouage, ils vont me ramener !
À la maison, mais non, puisqu'il s'est effacé.
C'était calculé, prémédité,
je dois me rendre à l'évidence,
mes vacances étaient mieux chez mémé,
mais ils m'avait dit qu'on allait changer.
J'ai vu, je souffre, j'ai peur,
mon coeur pleure,
pourquoi moi, j'ai joué, avec eux,
je les ai gardé des audacieux.
J'ai toujours partagé leurs jeux,
même les parents, je leur faisais des lichettes,
quand ils étaient fatigués,
je ne suis pas un jouet.
Je suis un animal, OUI, mais leur ami !
J'ai gardé tous leurs secrets,
et voilà je suis sur la brèche,
je n'y crois toujours pas, c'est un canular.............
le 11 juillet 2003
patricia